Résultats de l’étude sur l’agriculture biologique et les politiques locales

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Pourquoi les mêmes politiques locales de développement de l’agriculture biologique ne produisent-elles pas partout les mêmes effets ? Comment expliquer l’essoufflement des dynamiques de conversion sur un territoire ?
Alors que les collectivités locales sont de plus en plus nombreuses à investir le champ agricole et à s’engager dans des politiques de développement de l’agriculture biologique, sur les zones à enjeu eau et au-delà [1], une inconnue semble demeurer : comment construire autrement qu’à tâtons des politiques locales efficaces pour déclencher des conversions ?

Marie Buard, ingénieure agronome spécialisée en gestion durable des territoires ruraux, livre une étude [2] qui apporte de solides éléments de réponse. Son postulat : tous les producteurs conventionnels sont potentiellement enclins à se convertir en agriculture biologique. Pour cela, les politiques publiques doivent distinguer parmi eux différents profils, qui nécessitent un accompagnement et des dispositifs différenciés.

Dans ce cadre le territoire du Contrat Territoire Vienne Aval a fait l’objet d’une enquête qualitative réalisée auprès d’un échantillon de 40 producteurs installés sur ce territoire à enjeu eau.


Résumé

L’action des collectivités en faveur du développement de l’agriculture biologique devient de plus en plus fréquente et les politiques locales, moins étudiées que les atouts techniques, peuvent être des leviers innovants et puissants. Tous les territoires, tous les producteurs ne sont pas dans les mêmes logiques ou la même temporalité par rapport à l’agriculture biologique mais tous les producteurs sont potentiellement convertissables, c’est une question de volontés, de conditions et de temps. Par contre, il ne suffit pas d’avoir la présence simultanée de producteurs et de politiques locales favorables à l’agriculture biologique pour obtenir des conversions. Il ne faut pas perdre de vue que la clé de la décision de conversion revient au producteur, car c’est lui qui au final prend ou pas la décision de conversion de son exploitation. Les conditions de réussite des politiques locales favorables à l’agriculture biologique sont donc à chercher à la fois dans les opportunités que les territoires proposent mais également dans les déterminants de la stratégie du producteur face à ces opportunités. L’étude confirme qu’il est possible de qualifier les producteurs bio ou conventionnels selon leur profil de dirigeant d’entreprise et qu’il est possible de discriminer des profils différents de producteurs selon des critères objectifs mais aussi en tenant compte de leur subjectivité. L’étude analyse dans quelles conditions les politiques locales, dans leur application très concrète, peuvent influencer la conversion des producteurs conventionnels selon leur profil de dirigeant. A partir de cette compréhension, l’étude contribue à la construction d’un outil d’aide à la décision pour les territoires qui souhaitent développer l’agriculture biologique. Il s’agit d’adapter les politiques locales aux profils dont le territoire souhaite favoriser la conversion. L’étude prend l’exemple de conditions d’applications des politiques locales qui favorisent la conversion des profils les plus proches de l’agriculture biologique, ou de conditions qui favorisent les profils les plus nombreux.

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Pour en savoir plus :
Télécharger l’étude
• Contacter Marie Buard : marie.buard[at]orange.fr

[1] Plus d’informations sur www.eauetbio.org > Rubrique Expériences locales.
[2] BUARD Marie, Conditions d’applications des politiques locales favorables à l’agriculture biologique, Mémoire de fin d’études de l’Ecole Nationale Supérieure des Sciences Agronomiques de Bordeaux Aquitaine, 2015.

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